La bible en couleurs

Avec l’eau je teins ton visage
Avec les couleurs de l’hiver je peins des pommes à Pâques
Qu’elles fleurissent encore entre tes lèvres et l’horizon
Pour ton visage je ramasse les particules du coucher du soleil
Je repave les quais selon la carte de mon cœur
Un Jasmin ici et une flûte là-bas
Et dans mes mains un pot de souvenirs se plante
Je lis la lune
Je traduis la préoccupation des larus
Je m’enfonce dans le rêve d’un petit enfant
Comme un oreiller pour dormir
Je rêve moi-même comme un prince
d’une armée immunisée contre la défaite
je la commande de libérer un poème de la prison d’un poète
Je décharge le fardeau de la robe loin des seins d’une odalisque
Vulnérable face au nudisme
Je redonne à hier son éclat tendre
J’emmêle mon cœur avec la boutonnière d’une fille
Qui ouvre soudain la porte de mon intérieur
Je reviens délicieux
Comme un soleil cru
J’invite Satan à me rejoindre
Et on boit ensemble
Je dévie la lumières dans les rues
Et je brille comme un vers
Comme l’éclat des yeux d’un daim

Tu es la gaieté de cette rue
Et je suis un enfant qui mange le verger
Je peins avec l’été les clefs de la boite de l’univers
Et les ciels montent d’autant plus avec chaque éclat
Je vois l’éclat au bout du bol
Je redeviens un petit qui fait la vaisselle
Je lapide l’invisible
Je joue des coudes avec les papillons
Je bois au calice et aux corolles des fleurs
Je m’interfère dans les affaires des fées
Je redésigne mon cœur
Je remets les vaisseaux
l’un dans l’autre
Je me déclare roi des couleurs
Je m’adresse à la rue en m’annonçant comme enfant
Je m’adresse aux fées en me nommant créature
Je m’adresse aux larus en me considérant écume de mer
Je m’adresse à jésus en me voyant en moi une bible
Je m’adresse aux choses réelles en m’étiquetant une autre chose réelle
Je suis une coquille de nostalgie crue,
toi le ramasseur des coquillages et des souvenirs

Rami Ibrahim Publishing ©

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